schaeffer radio e cinema | um artigo do Igor Rayner sobre a escuta acusmática

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Dans son second texte de 1938, celui des vérités premières, Schaeffer défend laprise du deuxième chemin, celui de l’art radiophonique. Ici le lièvre de l’écoute schaef-ferienne se présente sous la peau de l’écoute radiophonique. L’auteur nous parle detrois « vérités » sur la radiodiffusion, toutes impliquant un substantiel changement del’écoute. Parmi ces vérités, deux attirent l’attention sur la question de la transmissionet de la perception de la spatialité sonore, la troisième l’attire sur la différence entrel’audition biauriculaire et l’audition radiophonique. Schaeffer part de la constatationque l’orchestre, qui se met en scène d’une manière particulière, soumet la réceptionauditive à la disposition spécifique des musiciens sur la scène au moment où elle établieune distance spécifique entre chaque musicien et l’auditeur. La radio démantèle cecomplexe de distances entre l’émetteur et le récepteur au fond du haut-parleur cartous les émetteurs y sont à la même distance de l’auditeur. Insistant sur la questionde la spatialité modifiée par la radiodiffusion, Schaeffer appelle notre attention sur lesdimensions de l’espace physique impliquées dans l’écoute directe et celles impliquéesdans l’écoute radiophonique. La radiodiffusion comprime dans un salon, où se placentla radio, l’auditeur et son fauteuil, le volume sonore qui inonderait la salle d’un grandthéâtre où l’orchestre s’installe.
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En effet, la radiodiffusion réduit la perception des nuances les plus appropriées,celles qui sont perceptibles du pianissimo au fortissimo dans une grande salle. Au-delàd’une spatialité sonore modifiée, la radio a imposé une écoute de nature différente decelle de l’écoute biauriculaire, celle que Schaeffer appelle « écoute radiophonique ».Comme il n’y a qu’une antenne pour émettre et qu’un récepteur pour recevoir, lenombre de microphones que l’on utilise à la captation importe peu. Le résultat de latransmission est le même qu’ «écouter la musique avec une seule oreille » (Schaeffer,1938b : 415).
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Cependant, l’une d’elles semble toucher le cœur de l’écouteschaefferienne et est bien synthétisée dans cette proposition : «J’entends une émissionmusicale, mais j’assiste à un concert» (Schaeffer, 2010 : 25). Ce changement d’attitudedécrit par Schaeffer est au centre de ce qu’il appellera, quelques années plus tard,l’écoute acousmatique.
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...le terme acousmatique n’est pas encore utilisé, cette spécialité d’écoute se met en scène lorsque l’auteur nous parle de la frustration de l’auditeur qui espère de l’émission radiophonique la même réalité sonore vécue à l’écoute directe.
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L’écoute radiopho-nique est le résultat de ce processus historique analysé par Sterne. De cette façon,ce nouveau statut de l’auralité devient célèbre précisément parce que, dans l’écoutedirecte, le son est lié à sa source et presque toujours soumis au contexte visuel. Quand l’écoute radiophonique (l’écoute indirecte) permet à l’auditeur de délier l’événement sonore de son revêtement visuel, elle potentialise le sonore en soi et ne le prend plus comme référentialité. Cette subversion de l’écoute est le chemin pour la conquête d’un son concret qui n’est plus porteur d’un sens abstrait a priori. 
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IGOR REYNER

 https://www.academia.edu/4734332/Les_sources_de_l_%C3%A9coute_acousmatique_dans_les_%C3%A9crits_de_Pierre_Schaeffer